Jeter sa vie au gré du vent....

Publié le par agnes m

jeter.... j'apprends aujourd'hui à... jeter...
jeter, tout vider, tout larguer, tout abandonner... ne rien garder, tout oublier... barrasser, débat raser... missionner, ménager,...

S'attacher ne fait qu'accumuler les douleurs...
s'attacher aux objets ne fait qu'accumuler les souvenirs qui, un jour, à l'ouverture d'un carton, vous éclaboussent de souffrance, vous rouvrent les déchirures...
s'attacher aux lieux vous empêche de progresser, vous enracine dans le passé, vous ferme les portes de l'aventure
s'attacher aux... personnes est pire que tout! s'attacher par le cœur ou seulement par la main, par un seul regard, par quelques mots, c'est prendre son ticket pour la déchirance, la déchirure de soi, l'inondation de ses yeux, l'éclatement de son propre cœur.... c'est risquer ensuite un détachement total des autres de craintes de perdre les derniers fragments de son âme, de ne devenir plus rien, un fétu de paille que le vent ignorerait même,
une larme que l'air même refuserait d'assécher...

Aujourd'hui tout est bon à jeter dans la société de consommation...
jeter, se débarrasser, laisser tout au bord du chemin,
pour avancer sans remords, pour avancer libérée, déchargée de tout poids et de tout sentiment
quitter tout quitter ne pas se retourner de crainte d'être.... d'être quoi, non, de crainte justement de ne plus être, mais de ne servir qu'à.... servir...
laisser tout et tout oublier, les autres et moi-même, oublier ce moi-même qui n'était plus moi mais une autre, retrouver ce moi-même qui était enfoui sous les objets, les lieux, les personnes qui se sont greffées à moi jusqu'à me parasiter, me paralyser... m'étouffer.....
M’étouffer... sans doute est-ce là la raison pour laquelle je ressens tant ce besoin d'air, comme au sortir de la tête sous l'eau, le besoin d'air, de respirer, de crier, de hurler pour en faire pénétrer plus encore....

Voilà, j'étais parvenue jusqu'à l'étouffement et d'un dernier sursaut, je tente de reprendre souffle... je vais reprendre souffle... respirer...
Enfouie sous un amas d'obligations, de choses et d'objets, de personnages greffés sur moi, l'air ne me parvenait plus, la liberté était déguisée en société, en socialement admissible, en sécurité raisonnable...

Tout jeter pour.... respirer... et vivre, survivre, revivre...

Peut-être qu'inconsciemment je savais à l'avance que les portes et les accès que j'ouvrirais jusqu'à moi m'apporterait de la douleur, sans doute est-ce pour cela que j'ai refusé l'entrée, que j'ai laissé les demandes sur le pas du mail (*), qu'à certains j'ai refusé l'entrée, l'adresse, le mot de passe....
jeter aujourd'hui est plus facile, effacer, supprimer, abandonner, ne pas sauvegarder, connecter ("D" la lettre qui commence tous les mots vers la liberté...)
supprimer un contact dans la liste afin de ne plus voir
effacer une adresse afin de ne pas être tentée
bloquer un contact afin de pas être absorbée....
jeter aussi de simples lettres entourant un arobase......@ personne @

(*)mail: du latin malleus, marteau... Allée préparée pour jouer au jeu de mail (qui consiste à pousser une boule avec le mail)
... pousser une boule.... trainer ses boulets...
commence un nouveau lire...
commence un nouveau part....


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