Pitié pour les femmes

Publié le par agnes m

 Pitié pour les femmes

Henry de MONTHERLANT Pitié pour les femmes

Roman qu’il ne faut pas lire quand on vient de se faire abandonner, où que l’on sent qu’on nous abandonne

Ni quand on a un chagrin impérissable…

Quoique ? Cela peut faire comprendre qu’il n’y a souvent rien à attendre et qu’on se ridiculise inutilement (sourire) et ça…

Hormis cela, ce livre se lit bien, j’y retrouve la littérature que j’aime ; on y retrouve l’esprit de la bourgeoisie, les taffetas et les tasses en porcelaine, l’ambiance qui fait les belles histoires romanesques.

Il faut préciser que j’ai un faible pour ces académiciens à l’écriture correcte, au vocabulaire soutenu. Ils sont un peu oublié de nos nouvelles médiathèques qui utilisent leurs fonds pour acquérir des livres gros format et donc des derniers auteurs puisque les anciens sont rarement réédités dans ce format encombrant.

Mon exemplaire est sans image sur la couverture bien solide en tissu rouge, relié en feuillets brochés.

J’ai donc lancé une petite recherche électronique et dénicher ces quelques couvertures choisies au fil des ans par les éditions Folio et Livre de Poche.

 Pitié pour les femmes

Et voici deux extraits choisis :

Avant qu'elle ne lui dise non...

"Vous seriez amenée nécessairement à souffrir, et ce serait absurde que vous souffriez à cause de moi, qui ne vous veux que du bien. Il faut manier l'absurde, ma chère, et j'ose dire que j'y suis maître, mais au moins faut-il qu'il vous donne du plaisir. Souffrir est toujours idiot: c'est un des plus criminels bobards répandus par les chefs de masses (par politique), et repris ensuite par les littérateurs (par bêtise), que souffrir soit quelque chose de grand et de distingué."

et plus loin,

après qu'elle lui ait dit non... ;)

"Il trouva chez lui le lit préparé, les brassées de fleurs qu'il avait disposées pour elle. Il se jeta sur le lit, souffrant de tout. Souffrant de la faire souffrir. Souffrant de la faire souffrir tout en l'aimant. Souffrant de la faire souffrir pour avoir été franche. Souffrant de s'être privé d'elle charnellement, alors que charnellement elle lui donnait si peu de joie. Souffrant de ne souffrir que dans les plus grossières régions du mâle (la vanité sexuelle), et que cette souffrance de mâle fût cependant si puérile. Souffrant enfin qu'il fît trop chaud dans la pièce (27°). Parfois, d'un vase, un pétale tombait, comme une "demie" qui sonne. L'odeur la plus intime du corps de la jeune fille lui revenait et l'obsédait, exaspérant son dépit, une touffe d'odeur qui semblait voguer dans la chambre, comme ces graines qui flottent, l'été, livrées à la grâce de l'air. Enfin il eut l'idée d'aller chercher à l'office un poulet froid qu'il savait s'y trouver. Il le mangea, et sa peine s'assoupit. Il fut même content d'avoir un peu souffert. Il faut avoir des notions de tout."

 Pitié pour les femmes
Textes extraits de l'Edition 1960 Sélection des amis du livre Strasbourg, copyright by Librairie Gallimard, 1943

L’auteur :

Henry de Montherlant, de son nom complet Henry Marie Joseph Frédéric Expedite Millon de Montherlant, né le 20 avril 1895 à Paris 7e, mort à Paris le 21 septembre 1972, est un romancier, essayiste, dramaturge et académicien français.

Il fait donc partie des « Immortels » aux habits verts. Élu en 1960 au fauteuil 29.

Officier de la Légion d’honneur

Croix de guerre 1914-1918

http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/henry-de-montherlant

 
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