la femme mystifée... #Cop21

Publié le par am phot'saone

On aimerait avoir lu tous les livres qui traitent d’un sujet ou d’un autre… mais ce n’est pas possible !

Alors, il nous en tombe un de temps à autre entre les mains, à l’instant T, comme celui-ci qui à tout bien réfléchir devrait peut être lu, et relu et analysé : La femme mystifié 2 de Betty Friedan.

C’est un « vieux » livre de 1963… je n’étais pas née ! traduit par Yvette Roudy(1).

Puisque j’ai le « 2 », il a du y avoir un « 1 » ?

Ce livre est le résultat d’une étude et d’enquête faite par Mme Friedan sur les américaines dans les années 50, l’émergence de la publicité, l’image de la femme et surtout de la belle famille américaine comme on la voit sur les affiches vantant les produits arrivant en masse sur les marchés : un père d’un mètre quatre-vingt au minimum, mâchoire carrée, ou physique d’acteur, la mère perchée même dans sa cuisine sur de jolis escarpins à talon, impeccablement coiffée et manucurée, une grande fille à queue de cheval et gentil garçon tenant un avion miniature dans les mains.

Image innocente… du bonheur à l’état pur, matériel surtout. Ils sont souriants, dents blanches ne manqueraient que la fameuse rose à travers la bouche, mais je ne suis pas là pour faire de la publicité pour le dentifrice !

La fille est plus âgée que le garçon, car… elle devra veiller sur lui au cas où… elle doit être « la seconde maman » !

Ce livre nous révèle, si besoin était, toutes les arcanes des publicitaires. De nombreuses enquêtes ont été faites, des analyses de consommations, des sondages sous prétexte de bien-être et de progrès mais surtout pour établir des plans d’actions pour améliorer la condition féminine et permettre… de vendre plus !

On a tout de même réussi à démultiplier le travail de la femme à la maison en lui fournissant tant et plus de matériel électro-ménager pour lui faciliter la vie domestique ! La voici dépositaire(2) d’une montagne d’ustensiles qu’il faut utiliser, nettoyer, ranger ; il faut donc de nouveaux meubles pour ranger tout ça, des meubles qu’il faudra nettoyer, entretenir, payer…

C’est tellement merveilleux !

la femme mystifée...        #Cop21

Elle est en même temps dépositaire des objets d’un progrès qui avance à grand pas, et dépossédée de sa vie propre et de son ambition professionnelle rémunératrice. Car, bien sûr, si ce n’est pas bien vu qu’elle travaille contre salaire à l’extérieur, c’est tout à son honneur de participer à toutes les activités bénévoles de sa communauté pour la bonne réputation de la sphère familiale !

Au fil des pages, on perçoit que le cercle vicieux est enclenché. La femme doit rester à la maison s’occuper de tout son petit monde pour le rendre heureux, lui fournir un accueil chaleureux lorsqu’il rentre, prendre soin de son petit mari, qui doit lui, forcément travailler tant et plus pour financer tout ce confort. Nous voici dans le monde de Samantha et de Jean-Pierre. On parvient même à faire croire que c’est Samantha qui gère en remuant son bout-du-nez ! c’est tellement merveilleux ! Magique !

Mais je commence à être longue… le livre entier mérite d’être lu, si vous le trouvez !
Le pire, c'est que cela ne parait même pas un peu « arriéré », au contraire cela apporte beaucoup d’explications sur la société d'aujourd'hui, et c’est encore d’actualités dans la manipulation des esprits. 
Ainsi ces quelques phrases :a
« En 1957, une nouvelle enquête révéla fort justement qu’en dépit de « nombreux aspects très positifs » de notre époque où la vie sociale gravite autour du foyer, trop de besoins, malheureusement, se rattachent désormais à ce même foyer et celui-ci n’est pas en mesure de les satisfaire. Fallait-il s’en inquiéter ? Pas du tout. Même ces besoins peuvent donner prise à la « manipulation ». « Contrairement à ce que l’on croit quelquefois la famille n’est pas toujours cet Eldorado psychologique qui surgirait après quelques moments difficiles dans notre vie moderne. En fait la famille se trouve confrontée avec des exigences psychologiques auxquelles elle ne peut pas faire face. 
Heureusement pour les fabricants et les publicistes d’Amérique (et aussi pour la famille et le bien-être psychologique de nos citoyens) ce vide peut être comblé et est comblé par l’achat de produits de consommation.
«Des centaines de produits satisfont des quantités de fonctions psychologiques que les fabricants et les publicistes doivent connaître et utiliser au cours de la préparation du terrain de vente. De là même façon que la production à une certaine époque servait de soupape à la tension sociale, la consommation aujourd’hui remplit ces mêmes fonctions. »
 
(1) En 1963, elle traduit The Feminine Mystic (La femme mystifiée) qui vient de sortir aux États-Unis . Ce livre est une révélation pour elle et lui permet de mettre des mots sur ce qu'elle ressentait. En 1962 le Mouvement Démocratique Féminin (MDF) émerge (groupe de gauche non communiste) Yvette Roudy découvre ce mouvement par Colette Audry et elle va rapidement en devenir, avec Marie-Thérèse Eyquem, la première animatrice. Elle créé La Femme du XXe siècle ; journal du MDF, et en est rédactrice en chef. En 1965, Yvette Roudy est consciente qu'il faut entrer en politique pour faire bouger le débat sur la cause des femmes.
(2) 2015… il est peut-être temps que je m’aperçoive que le mot « possesseur » n’a pas de féminin !
 
Mais, ça fait déjà quelques années que j’ai lu ce livre, deux ou trois ans…

 

un autre avis que le mien que je découvre ce jour: http://www.rfi.fr/ameriques/20130221-menagere-desesperee-betty-friedan

Je mets à cet article un #cop21 parce qu'il concerne la consommation outrancière vers laquelle on nous a conduit sans discernement...
#journée de la femme
#8mars https://sanscompromisfeministeprogressiste.wordpress.com/2016/03/06/8mars-journee-des-femmes-la-veritable-histoire-du-8-mars/

#‎JournéeDeLaFemme

#‎JourneeDesDroitsDesFemmes

#‎InternationalWomensDay

Publié dans COP21, Société, Ecologie, Livres

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