Faverney était une vue de l’Esprit !

Publié le par am phot'saône

Le miracle de Faverney: 24 mai 1608
 
Je recopie…
« Comme chaque veille de Pentecôte depuis quatre ans, le sacristain de l’abbaye de Faverney s’affaire ce 24mai 1608 à l’autel du Saint-Sacrement dressé devant la grille qui sépare le chœur de la nef de l’église. Pour l’éclairer la nuit entière, il dispose sur le bord de l’autel deux lampes portées par deux chandeliers d’étain « fournies de mèche ardente et d’huile ». Quelques heures plus tôt, aux vêpres, le prieur a enfermé à l’intérieur du tabernacle à quatre colonnes, sur un marbre garni d’un cadre de bois, un ostensoir d’argent contenant deux hosties consacrées. Le lendemain, jour de fête solennelle, l’ancienne abbaye bénédictine doit accueillir des pèlerins : un bref pontifical vient, en effet, d’accorder des indulgences à tous ceux qui, après confession et communion, visitent l’église le jour de Pentecôte ou aux deux fêtes qui le suivent. Le Saint-Sacrement est alors exposé jusqu’au soir à l’adoration des fidèles. Mais en cette année 1608, dans la nuit du dimanche au lundi, vers trois heures, le feu embrase la chapelle. La table qui servait d’autel est brûlée aux deux tiers, le tabernacle dévoré par les flammes, et le marbre à cadre de bois gît à terre, brisé. Arrivés en hâte, les moines cherchent l’ostensoir sur les dalles, parmi les cendres, quand un novice de treize ans « s’écrie qu’il a trouvé ce qu’ils demandent et leur montre du doigt l’ostensoir(…) suspendu en l’air sans aucun support, de la même hauteur qu’il avait été placé » (1). Chacun admire le prodige. Pour le constater, on fait appeler les capucins de Vesoul, à trois lieues de là, et on avertit l’archevêque de Besançon. Déjà les habitants de Faverney et des bourgs proches envahissent l’église, contemplent et prient. Curieux et fidèles se pressent. Par crainte de gestes maladroits on barricade l’autel. « Pour le recevoir avec respect et bienséance (s’il) vient à tomber ou descendre du lieu où il est suspendu » (1), les religieux placent au-dessous de l’ostensoir, sur une planche de sapin, un missel recouvert d’un corporal. Pendant la journée du lundi, la nuit suivante et le lendemain, les processions se succèdent. Le mardi 27 mai, entre 9 et 10 heures du matin, au moment où un prêtre célébrant la messe au grand autel repose l’hostie consacrée après la première élévation, l’ostensoir se redresse et descend doucement sur le corporal. Le miracle prend fin. Il a duré trente-trois heures. On sait en cette matière la prudence de l’Église. Ferdinand de Rye délègue en hâte à Faverney son procureur général, un avocat fiscal et son secrétaire pour conduire l’enquête. Quarante-deux témoins sont interrogés, des théologiens, des canonistes sont consultés. On conclut à des causes surnaturelles. Le miracle est admis, l’archevêque le proclame dans une lettre pastorale le 10 juillet 1608. »
 
(1) - 

 

Le miracle de FAVERNEY dans le livre de Jean-François Solnon : "Quand la Franche-Comté était espagnole" - pages 239-242

Aujourd'hui encore, la Pentecôte à Faverney n'est pas un jour comme les autres...

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