La Présence de Jerzy Kosinski

Publié le par am lecture

La Présence de Jerzy Kosinski. (traduit de l’anglais par Paule Gertrand).
Titre original Being There
Éditions Lettres Étrangères Flammarion – 1971
Neuf : 15.90 francs 
 
Jerzy Kosinski - La présenceDébut :
« C’était dimanche. Dans le jardin, Chance se déplaçait lentement, traînant d’une allée à l’autre le tuyau d’arrosage vert, tout en surveillant attentivement le débit de l’eau. Avec douceur, il laissait le flot imprégner chaque tige, chaque fleur, chaque branche. Les plantes étaient comme les humains ; elles avaient besoin de soins pour vivre, pour vaincre leurs maladies, et pour mourir en paix.
Pourtant, plantes et gens différaient. Aucune plante n’est capable de se juger, de penser à elle-même ; il n’est pas de miroir dans lequel elle puisse reconnaître son visage ; elle ne saurait rien faire intentionnellement ; elle ne peut s’empêcher de pousser, et sa croissance ne signifie rien puisqu’une plante ne peut raisonner ni rêver. »
 
Ça augure bien de la suite….
On reste un peu sur notre faim avec ce roman de Jerzy Kosinski.
Voici un homme de 40 ou 50 ans, coupé du monde extérieur depuis toujours. Enfin non, pas coupé, mais uniquement relié au monde par la télévision et une cuisinière peu loquace.
Depuis aussi longtemps qu’il s’en souvienne, il est Candide en son jardin. Plantant et cultivant les plantes qu’un Vieil Homme lui fournit.
Mais un jour, car il faut bien que quelque chose se passe dans un roman, le Vieil Homme meurt et notre jardinier doit partir. Le voici dehors. Dans le monde. Hors ses murs.
C’est très jubilatoire.
 
Jerzy nous décrit une société où l’on n’entends pas, n’écoute pas ce que la personne interrogée répond. On ne l’entend pas dans le sens où l’on ne veut pas l’entendre, pas le comprendre, pas l’envisager, pas l’imaginer, car… selon l’entendement normal c’est impossible. Les affaires ne sont pas ouvertes aux différences.
Le titre aurait pu être « L’étrange cas de Chance G. ».
 
D’un bout à l’autre, le peu de phrases sorties de la bouche de notre accroc à la télé (des années 65-70) sont interprétées par des cerveaux obstrués par les affaires, la politique, la finance, la gouvernance,… l’espionnage.
Chance se retrouve promu sans même s’en rendre compte, cherchant ses réponses dans ses souvenirs télévisuels.
 
Ce livre est loin d’être ennuyeux, bien écrit, pas vulgaire. L’adaptation cinématographique se révèlera plus aseptisante mais à voir toutefois.
Mais… on reste sur notre « fin » !
 
diverses versions de couverture du livre

diverses versions de couverture du livre

Chance est remarqué par la bonne société de l’époque car il est bien mis, vêtu de vêtements élégants du Viel Homme, poli et respectueux, photogénique et passant bien à… la télévision policée des années 60. Il est posé, répond simplement, ne prends pas parti.
Qu’en serait-il d’un Chance gavé de la télévision des années 2010-2020 ? des séries policières, des télé-réalités ?
Deviendrait-il serial killer violeur, cuisinier ou décorateur d’intérieur ? Orateur hurlant sur la place publique des obscénités ?
 
Page 71 Chance Gardiner rencontre le Président des États-Unis !
- Et vous, Mr Gardiner, que pensez vous du mauvais climat à la Bourse ?
- Dans un jardin, il y a une saison pour la pousse des plantes. Il y a le printemps et l’été, mais il y a aussi l’automne et l’hiver. Et puis, le printemps et l’été reviennent. Tant que les racines n’ont pas été coupées, tout est bien, et tout sera bien.
- Mr Gardiner, dit le Président, je dois avouer que ce que vous venez de dire est l’une des déclarations les plus réconfortantes et optimistes qu’il m’ait été donné d’entendre depuis bien, bien longtemps. … Nombre d’entre nous oublient que la nature et la société ne font qu’un ! »
La Présence de Jerzy Kosinski
Page 86 Chance est l’invité du Président à une émission de télévision…
« Les caméras venait lécher l’image de son corps ; elles enregistraient ses moindres mouvements et silencieusement, les projetaient sur des millions d’écrans de télévision disséminés dans le monde –dans des maisons, des voitures, des bateaux, des avions, des salles de séjour, des chambres à coucher. Il allait être vu par plus de personnes qu’il ne pourrait jamais en rencontrer tout au long de sa vie, par des gens qui nele rencontreraient jamais.
 
Et… le mot du livre : « videot »
« Il est inutile de trop finasser, n’est-ce pas ? En tout cas, en ce qui concerne les videots. Après tout, c’est ce qu’ils réclament : « un dieu à punir, pas un homme affligé de leurs infirmités ! » N’est-ce pas ? »
Videot : contraction des mots « vidéo » et « idiot »
Un mot bien utile et qui devrait trouver tout son usage dans la société internautique ;) ;)
 
 
 
Notons la mauvaise écriture de Monsieur en abrégé. En français, on doit écrire M. Gardiner.
Ce livre a fait l’objet d’un film un film américain d'Hal Ashby, sorti en 1979 « Bienvenue Mister Chance » avec Peter Sellers, Shirley MacLaine, Melvyn Douglas, Jack Warden, Richard A. Dysart
A cette date il est visible sur you tube dans une mauvaise vidéo en français, et dans une plus belle mais en italien, je crois.
 
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quelques blagues sur la télévision...
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