Bourbonne-les-Bains, ses eaux et ses princesses

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Bourbonne-les-Bains, ses eaux et ses princesses.
Un regard sur le thermalisme.
par Pierre Bernard, édition L’Harmattan. Paru en 2016.
 
Je reviens à la région objet de ce blog touristique et littéraire avec ce livre sans prétention mais non pas sans intérêt.
Livre déniché dans la bibliothèque d’une cliente, adepte des cures thermales par nécessité.
 
Un livre assez rapidement lu car l’écriture est fluide et le sujet ne prend pas la tête même s’il concerne des douleurs et des souffrances humaines.
L’auteur ne rentre pas dans le misérabilisme, il reste optimiste sur l’action de la thérapeutique objet du récit. Il rend surtout hommage aux personnels de l'établissement thermal.
 
C’est également le témoignage de vie d’un couple uni en villégiature obligatoire dans une ville d’eau vieillissante et pas du tout «à la mode». La tendresse de l’auteur pour sa princesse se ressent au fil des pages, ainsi que son attachement à ce bourg de province.
 
Ce livre peut certainement aider et rassurer les personnes qui appréhenderaient de partir pour une cure thermale de 21 jours, mais il peut aussi rappeler qu’une cure thermale, préconisée par un médecin, n’est pas une partie de plaisir ni 3 semaines de tourisme au frais de la Sécurité sociale.
 
C’est aussi un hymne à la Haute-Marne qui semble inspirer les écrivains. Les curistes qui viennent avec leur voiture personnelle peuvent profiter de cette cure pour visiter la région : Langres, Coiffy-le-Haut, Senaide, Fayl-Billot, Châtillon-sur-Saône…

Outre le charme suranné, que certains s’aviseraient de reprocher à ce petit bourg de province, l’auteur note l’agrément d’aller en visite chez le médecin en montant l’escalier de chêne, alors que de nos jours la plupart des médecins vous reçoivent dans des cabinets froids et des salles d’attente exiguës situés dans des immeubles en copropriété.

Place des Bains à Bourbonne-les-Bains.

Place des Bains à Bourbonne-les-Bains.

Extraits choisis :
 
P18 : « Je me plongeai dans un guide Michelin et je découvris Bourbonne-les-Bains à l’est de Colombey-les-deux-Églises et de Chaumont, pas très éloignée de Langres réputée par sa situation sur les hauteurs d’un plateau et la rigueur de ses hivers.
L’image que nous avions de la Haute-Marne, un pays sévère et rude, aux forêts sombres, décrit par le général de Gaulle, ne nous avait pas découragés, ni la grande froidure de la Lorraine dont s’était vanté un Nancéien alors que nous visitions la place Stanislas, un début mars, et que la neige tombait. Nous n’en serions éloignés que d’une centaine de kilomètres et le massif des Vosges était proche. »
 
P21 / Premiers pas
« La première cure thermale, qu’on le veuille ou non, est un peu une aventure. Trois semaines d’une nouvelle vie vous sont imposées. En effet, non seulement la cure vous sort de votre train-train quotidien et vous oblige à changer vos projets si vous en aviez, mais surtout elle vous plonge dans l’inconnu. Certes, un inconnu vécu par un grand nombre de vos contemporains, mais un inconnu qui mérite toutefois d’être pris en compte : un temps nouveau s’ouvre devant vous. Vous ne pouvez l’assimiler à des vacances ni le confondre avec la visite d’un pays étranger et encore moins avec une croisière au long cours ! »
 
P38 : « Les ressortissants de la région ne seraient-ils donc pas aussi méfiants et repliés sur eux-mêmes que certains le disent ? En tout cas, les habitants de Bourbonne-les-Bains et de ses environs apportaient un vivant et concret démenti à ces idées reçues.
Au fil des jours, nous pénétrions dans la vie rurale de la Haute-Marne. »
 
P59 : « La nature dans cette région calme et tranquille avec ses espaces amplement vallonnés s’y prête à merveille même si parfois le relief se rebelle, prenant de l’attitude, approfondissant les vallées. L’étendue de vastes horizons nourrit toujours le rêve et la contemplation, sources d’espérance et de sérénité. »
 
P80 : « Bourbonne-les-Bains était bien une station thermale qui soignait rhumatismes et autres maux, arthrose, lombalgie, ostéoporose… ainsi que les voies respiratoires, mais n’était-elle pas aussi un creuset où se fondaient des vertus propres à protéger et à guérir les humains de leurs déviances ? »
 
P105, après Madame, c’est Monsieur qui devient curiste à Bourbonne.
« Ma première matinée de cure m’avait définitivement débarrassé des idées reçues qui lui donnaient une teinture de vacances bon marché où détente et loisirs occupaient une grande place. »
 
P109 : « Avant d’être curiste à Bourbonne-les-Bains, je n’avais jamais goûté ce charme indéfinissable de l’abandon de soi, abandon imprégné d’espoir. L’espoir de retrouver un meilleur soi-même, un soi-même accompli. »
 
P120 : « L’hiver de la vie est une saison redoutable. Des êtres aimés, parents et amis disparaissent et avec eux s’effondrent des pans entiers de l’univers qui s’était construit autour de chacun et qui paraissait immuable.
Le deuil d’un parent s’accompagne du deuil de réunions familiales, du deuil d’un voisinage, du deuil d’habitudes prises par le vivre ensemble qui étaient précieuses ».
 
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Ce livre est encore en vente à la Maison de la Presse et, semble-t-il, également à l’Office de Tourisme local.
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Bourbonne-les-Bains, ses eaux et ses princesses

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Petite Jeanne 06/04/2017 12:42

Bonjour,
J'ai fais un petit tour dans tes albums; bravo, tu as de belles collections...
Bonne journée