L'arrière-saison, Philippe Besson - Edward Hopper et la dame en rouge...

Publié le par am lecture

L'arrière-saison, Philippe Besson - Edward Hopper et la dame en rouge...
« Au commencement, il y a cette peinture d’Edward Hopper qu’on peut voir à Chicago. J’ai dû l’apercevoir à plusieurs reprises avant de m’en procurer une reproduction, un dimanche d’ennui. Un soir, sans intention particulière, j’ai observé la femme en robe rouge de la peinture, assise au comptoir d’un café nommé Phillies, entouré de trois hommes. Alors, ça s’est imposé à moi, sans que j’aie rien cherché. J’ai eu l’envie impérieuse de raconter l’histoire de cette femme et des trois hommes autour d’elle, et d’un café de Cape Cod. » Philippe Besson.
 
L'ambiance Hopper va très bien à Ph. Besson, ou Besson va très bien avec Hopper... je ne saurais dire... c’est peut-être Hopper qui m’a fait acquérir mon premier Besson, à une foire aux livres.
 
Chapitre I.
« Donc, au début, elle sourit.
« C’est un sourire discret, presque imperceptible, de ceux qui se forment sur le visage parfois, sans qu’on le décide, qui surgissent sans qu’on les commande, qui ne semblent reliés à rien en particulier, qu’on ne saurait pas forcément expliquer.
« Voilà : c’est un sourire de presque rien, qui pourrait être le signal du bonheur. »
 
Ce livre, je l’ai lu il y a quelques années, je dois aller relire un résumé sur un autre blog pour me rafraîchir la mémoire. Je sais juste que je l’ai apprécié.
Une femme est seule dans un bar qu’elle fréquente depuis longtemps, qu’elle fréquentait avec l’amour de sa vie duquel elle est séparée depuis cinq longues années… C'est là qu'elle vient écrire, souffrir sa solitude sous les yeux du barman, Ben qui lui sert à boire et écoute les confidences qu'elle veut bien lui faire.
Elle est là dans sa petite robe rouge.
 
Ce que je sais par contre, c’est que je l’ai lu à un moment difficile de ma vie, à « un instant d’abandon », de ces moments où tout semble s’écrouler, où l’on aime à lire des textes qui nous maintiennent dans nos désespoirs, des textes qui les décrivent, qui mettent des mots et des images sur nos douleurs. On en ressent encore mieux la moelle. L’écrivain nous parle comme un ami, mieux même, comme nous-mêmes à longueur d’états d’âmes…
Je me demande si, aujourd’hui, je ne vais pas le relire… J'avais inséré des marque-pages pour conserver ces quelques paragraphes:
 
Page 65.
« Elle sait mieux que personne ce que c’est que de devoir renoncer à être la moitié d’un couple, de ne plus entendre le prénom de l’autre toujours accolé au sien, de n’apposer sur les cartes postales des vacances que sa seule signature, de s’interdire de retourner dans les lieux qu’on n’a connus qu’à deux, de racheter les sortes de meubles que l’autre a emportés avec lui, de tomber par hasard sur des effets appartenant à l’autre oubliés dans la précipitation des déménagements. Elle estime que sa douleur valait bien ce sacrifice.
 
Page 73
« Désormais, on lui fait régulièrement grief de sa froideur, de sa distance, de son incapacité à se livrer totalement, de cette sorte de repli sur soir qui décourage même les meilleures volontés. Elle met ça sur le compte de l’écriture. Elle prétend qu’il faut être au-dedans de soi pour écrire, que ça ne laisse pas beaucoup de place pour les autres. Elle met en avant son métier pour expliquer sa solitude. Existe-t-il acte plus solitaire que l’acte d’écrire ? Elle, elle sait très bien qu’elle ment. Mais les autres, ils la croient. Au moins, ils font semblant."

 

Page 88
«…. Stephen est frappé par la capacité de Louise à rentrer tout à coup, sans prévenir, en elle-même, à s’extraire de son environnement et à rejoindre un isolement qui la rend momentanément inaccessible. »…. « ….qu’elle est partie dans ses pensées, qu’elle vagabonde là où on ne concevrait même pas d’aller la chercher. »…. « cette attitude l’a toujours agacé, parce qu’il ne l’a jamais vraiment comprise et donc admise. »
Lu entre 2009 et 2015
L’arrière saison de Philippe Besson.
Éditions Pocket – 2002
Acheté 3 € à Air’Livre…(Besançon, place du Marché ?).
 
Illustration de couverture : Nighthawks, 1942 ; détail), de Edward Hopper. Art Institute of Chicago.
 
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SES AUTRES LIVRES :
- En l’absence des hommes
- Son frère
- les jours fragiles (prix Femina)
- l’enfant d’octobre

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